EDITO du Curé

Pour ceux qui en douteraient encore: Jésus est venu pour que les hommes aient la vie. Jésus est le vrai berger. Ce berger vigoureux, un homme qui ne mâche pas ses mots, un homme qui ne s’entend pas dire une chose un jour et une autre le lendemain. Il est ceberger qui veut réveiller un peuple. Lui,celui que nous suivons quand nous sommes animés par la foi est le véritable guide. Les derniers jours que nous venons de vivre ont montré les erreurs commises du passé par des individusqui se présentaient comme des conducteurs de peuples et cela continue en suscitant autour d’eux le culte de la personnalité. Sacro-sainte personnalité qu’il ne faut pas décrier par peur d’on ne sait quoi? Peut-être oserais-jedirepar peur d’une promotion qui ne saurait venirsi les langues (non pas celles de la Pentecôte) se délient un peu trop. Pourtant Jésus nous alerte: aucun homme,quels quesoit le pouvoir ou l’autorité dont il est investi ne peut demander, à ceux qu’il pense diriger pleinement, une adhésion totale. Impossible d’idolâtrer un individu, de porter à l’absolu une option politique, de s’en remettre aveuglément à un chef. Impossible de ne jamais rien dire sous couvert d’une entente cordiale et de la peur de nous voir enlever des droits qui sont de toute façon depuislongtemps amoindris. Alors aux personnes anxieuses, je veux redire que Jésus le premier, appelle les personnes à se lever et à marcher. Je veux redire qu’il est notre guide et qu’il nous appelle à avancer dans la liberté. S’iln’y a plus cette liberté alors nous amputons notre Eglise de ce qu’elle a d’essentielleet de particulier. Jésus n’est pas un pasteur qui s’abrite derrière un écran et qui rappelle aux personnes combien elles nous manquent surtout dans ce temps spécial. Jésus est le berger fort et courageux que présente les évangiles. Il défend ses brebis contre les bêtes sauvages. Il endure la chaleur accablante du jour et lutte contre les peurs de la nuit. Le Christ veut d’abord donner la paix. Il dit: «je vous donne ma paix». Ce n’est pas une paix ordinaire mais la sienne qu’il nous donne pour que nous puissions quitter nos peurs. Ces peurs qui dévorent à l’intérieur, celles qui épuisent l’énergie, qui stérilisent, qui aveuglent. Nos peurs dans cette période d’incertitude sont légitimes mais ne doivent en aucun cas nous faire perdre l’horizon du Christ ressuscité et son éternité. Cette paix que Jésusnous offre c’est pour que nous puissions chaque jour accueillir Dieu chez nous, dans notre cœur. A la Pentecôte, Jésus nous donne l’Esprit Saint: «Recevez l’Esprit Saint». Cet Esprit reçu ne cesse de refaire le monde, de le transfigurer. Voyons comment aujourd’hui il nous transforme. A travers cette pandémie que nous traversons, nous voilà en France arrivé à un tournant crucial celui où il nous faudra réapprendre une autre partition pour que la musique ne soit pas dissonante. Il nous faudra appliquer une distanciation sociale, prendre des mesures sanitaires qui permettrontun possible retour de nos assemblées paroissiales. La prudence et la distance feront ensemble une musique peu connue mais peut-être surprenante qui saura nous émerveiller et nous concentrer sur les choses les plus essentielles qu’il nous fallait absolument retrouver. Force et de constater que beaucoup de personnes que nous côtoyons (hors temps d’épidémie), particulièrement les jeunes générations, prennent leur distance par rapport à l’Eglise, tout en conservant en eux, comme un ferment, la figure de Jésus et les appels de l’Evangile. Nombre d’entre eux cherchent et trouvent des lieux et des groupes où ils apportent leur énergie pour tenter de changer le monde. J’appelle à travers cet édito à nous reconcentrer sur Jésus qui seul est aux prises de ceux qui veulent le faire taireune fois pour toutes. Ces derniers enferment notre foi dans l’enclos du mépris et de l’indifférence pour tout massacrer. Jésus, vientau contrairepour sauver, pour faire paître, pour donner la vie en donnant la sienne. Qu’en ce mois de mai avec l’aide de la Vierge Marie, nous puissions regarder devant nous et reprendre progressivement confiance en la vie et en Dieu. Alors nous chasserons les fausses images que nous nous faisons du vrai berger en marche.

Abbé Sébastien LAOUER, votre Curé !